Joindre les efforts pour surmonter la pandémie au Venezuela

L’Organisation mondiale de la Santé a déclaré récemment l’émergence d’une pandémie, due au nouveau coronavirus (SRAS-CoV-2), virus provoquant la maladie appelée Covid-19 avec de lourdes conséquences pour la santé.

Nous, en tant que Vénézuéliens de diverses tendances politiques, culturelles et sociales, nous joignons dans une commune consternation devant les risques énormes auxquels est confronté le pays. Pour cette raison , nous joignons nos efforts pour demander fermement aux parties prenantes du conflit politique vénézuélien de bâtir les accords politiques indispensables à l’obtention des soutiens nécessaires et à la coordination de sa gestion pour affronter la pandémie. Aujourd’hui, nous en faisons appel au sens de la politique comme garantie du bien commun et au cadre des valeurs humanitaires. Ainsi, nous voulons souligner le devoir des acteurs politiques envers leurs concitoyens, qui ont besoin que leurs décisions et leurs actions soient à la hauteur de l’urgence à venir.

Pour faire face à cette pandémie, il est nécessaire de compter sur les meilleurs efforts de chacun, et d’avoir à disponibilité des ressources pour la tâche à venir. Aujourd’hui, la disponibilité de ressources économiques du pays est amoindrie par sa mauvaise gestion et son détournement. De même, l’accès à des ressources sur lesquelles la nation compte à l’étranger, comme la possibilité d’accéder au financement international, sont compromis tant par le conflit politique et institutionnel interne que par des mesures unilatérales d’acteurs externes.

Dans ce sens, nous exhortons les différentes parties du conflit politique vénézuélien d’adopter les accords politiques indispensables à l’obtention des ressources nécessaires à la coordination de leur gestion pour faire face à la pandémie. Pour parvenir à ces accords, nous promouvons des solutions souveraines et rejetons toute forme d’action, d’ingérences et/ou de pressions internationales qui nous privent de sorties négociées et constitutionnelles du conflit vénézuélien, tout comme celles qui violent les droits humains et la démocratie.

Nous proposons aux dirigeants de l’ensemble du spectre politique du pays, les mesures minimales suivantes que nous considérons comme essentielles et urgentes à mettre en œuvre :

1) Convoquer et inclure tous les secteurs politiques et sociaux dans la réponse à l’urgence. Nous croyons qu’il est nécessaire de se concerter en vue d’accords entre les secteurs les plus larges, y compris les mouvements politiques, sociaux et secteurs organisés du pays, à la recherche de conseils et de la coordination de tous les efforts de la société pour affronter la crise. Nous exhortons à prêter une attention particulière à la participation des spécialistes en question de santé et des domaines connexes, des institutions scientifiques et des universités, afin d’intégrer leur expertise dans le développement des stratégies pour lutter contre la pandémie et réduire les dommages et la souffrance de la population. Les forces de sécurité de l’État doivent être à la disposition de cette coordination et l’accompagner dans la gestion de la crise. Il est nécessaire de garantir la transparence, l’information véridique et pertinente, et un accès complet de tous les communicateurs sociaux aux sources officielles d’information. En ce sens, il est proposé d’établir un dialogue dynamique entre les médias, les journalistes et les pouvoirs publics garantissant le droit constitutionnel et légal des citoyens à l’information.

2) La conclusion d’accords institutionnels qui permettent la sollicitation concertée de l’aide internationale, avec des garanties de gestion conjointe et transparente. Les acteurs du conflit politique vénézuélien doivent demander de manière coordonnée l’aide internationale (technique et financière) nécessaire pour faire face à la crise sanitaire, économique et sociale qui exacerbe la pandémie. L’obtention de cette aide est subordonnée à la présentation des garanties d’une gestion neutre et pertinente des moyens ainsi obtenus, dont le seul but est de protéger la vie et la santé de la population. La gestion de l’aide doit être faite entre les acteurs nationaux et les représentants des institutions internationales, tous deux garants de la transparence dans l’utilisation des moyens obtenus. Le rôle de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et ses divers organismes seraient une indispensable aide. Des mécanismes de contrôle social doivent également être activés à ces mêmes fins.

3) Mise en œuvre des soutiens économiques et sociaux nécessaires pour garantir la durabilité et le respect du confinement et de la distanciation sociale. Pour assurer la pratique et le respect du confinement par l’ensemble de la population vénézuélienne, il est nécessaire d’accorder des subventions pour la gestion de la vie quotidienne. L’accès effectif à l’alimentation, à la santé, aux médicaments et aux services publics (eau, gaz, électricité, internet, essence) est la seule garantie de la stricte pratique de la distanciation sociale. Dans le cas contraire, la population (en particulier les secteurs les plus vulnérables), ne pourra pas respecter les mesures sanitaires, contrainte de produire le nécessaire à la satisfaction de ses besoins fondamentaux.

4) Conformément à la demande de la Haute Commissaire des droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, nous demandons urgemment :

a) appliquer les exemptions humanitaires attachées aux sanctions générales qui affectent la population. Ainsi, de manière efficace, autoriser la fourniture rapide et rigoureuse d’équipements, de matériel médical et de toute autre nature tant que l’urgence dure ;

b) envisager la libération des personnes privées de liberté ou accorder des mesures humanitaires pour des délits mineurs et des raisons politiques pour diminuer la probabilité de contagion, assurer de meilleures conditions de salubrité et éviter le surpeuplement dans les centres de réclusion.

C’est seulement avec la volonté de tout le monde, mais surtout avec la création de conditions de transparence, de confiance, d’exercice démocratique et libre des acteurs essentiels pour prendre en charge la pandémie, que nous pourrons l’affronter. Les mesures à prendre doivent avoir pour objectif principal la protection de la population et la garantie de tous ses droits, et ne doivent en aucun cas attenter contre ces droits et contre la démocratie. Nous mettons également nos propres connaissances à disposition, pour accompagner les actions de gestion de crise et la construction de solutions pour la recherche du bien commun. La situation est grave, les efforts nécessaires sont donc grands. L’appel à les réaliser est un appel de bon sens, d’humanité et de respect mutuel pour construire le bien-être de tous les Vénézuéliens.

Caracas, 1er avril 2020

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